25 avril, 2017

Il veut redonner ses lettres de noblesse au vin… de miel

Posté Par: Daniel Ondrasik Dans: Press Commentaire: 0 Frapper: 216

Gastronomie. En France, on le connaît plus sous le nom d’hydromel, et il n’a pas forcément bonne presse. En Tchéquie, le pays d’origine de Jan Ondrasik, ce nectar, c’est presque un art de vivre. Avec sa compagne, ils se sont lancés dans sa commercialisation, aux côtés de nombreux produits à base de miel.

Circonspect, ce client de passage ne parvient pas à quitter du regard le fond son verre. « C’est drôle, au nez, on dirait du cognac ; au goût, il ferait plutôt penser à du rivesaltes », commente-t-il en faisant tourner le nectar doré… Issu de grappes de raisin ?

« Non ! », répond, Jan Ondrasik, amusé par l’effet de surprise. « Ici, il n’y a que de l’eau et du miel. Regardez sur l’étiquette ! »

Installé depuis près d’un an dans la zone d’activité des Îles, à Marcilly-d’Azergues, l’homme est bien décidé à faire découvrir ce produit, importé directement de son pays natal, la Tchéquie. « Chez nous, la géographie ne nous permet pas d’avoir beaucoup de vignes, par contre, l’apiculture, c’est quelque chose de très important », poursuit ce passionné d’abeilles depuis la plus tendre enfance (lire plus loin).

Sur un air de Sonate au clair de lune

Il y a un an, alors, lorsqu’il lance sa propre entreprise liée au miel et à l’apiculture, il voit là une belle opportunité de proposer ce petit quelque chose d’original ; ce petit produit-phare qui pourrait devenir, en quelque sorte sa marque de fabrique. Très vite, son regard se tourne vers le petit village de Dolna Krupa, en Slovaquie.

C’est là, dans le château qui domine la commune, que Beethoven aurait composé sa Sonate au clair de lune. Mais c’est surtout là qu’une petite entreprise familiale, Medovina, fabrique avec beaucoup d’amour quelques-uns des meilleurs hydromels du monde, dont ce Cognac qui n’en est pas un. À base de miel d’acacia, ce « Barrique cuvée d’exception » ne cesse de grappiller des médailles à travers le monde. Et puis, il y a ce vin à base de miel de fleurs, de montagnes, etc. « Les miels, ce sont l’équivalent des cépages pour le vin », affirme Jan en servant un autre verre à son client.

« Il y a vraiment une carte à jouer », embraye Florence Déchanet, sa compagne. « Les gens ont trop souvent une mauvaise image du chouchen ou de l’hydromel. Nous, ce que l’on souhaite, c’est vraiment redonner ses lettres de noblesse aux vins de miel. »

Passionné par les abeilles depuis qu’il a 5 ans

Petit-fils d’apiculteur, fils d’apiculteur, Jan Ondrasik était destiné à embrasser à son tour le métier. « Quand j’avais 5 ans, j’ai fait un drôle de rêve », raconte-t-il. « J’ai rêvé qu’une énorme abeille venait dans ma chambre. Elle était toute douillette, réconfortante, comme une peluche. Je ne peux pas vous expliquer pourquoi, mais ça m’a définitivement décidé à travailler avec les abeilles »

Arrivé en France en 2002, par amour, Jan rêvait d’avoir sa propre entreprise spécialisée dans l’apiculture et tous les produits la concernant. Après avoir travaillé pendant près de 10 ans dans une enseigne dédiée, justement, à l’apiculture, dans le secteur de Saint-Priest, l’homme a eu l’opportunité d’ouvrir son affaire en Beaujolais. Un sacré défi. « La barrière du tunnel de Fourvière complique les choses. Il faut convaincre. Mais, petit à petit, ça avance. » Lui qui aspire au contact, a mis en place, également une e-boutique, pour pouvoir vendre et promouvoir mets et matériels.

Des miels de la région à des petits gâteaux arméniens

Jan Ondrasik a transformé son magasin en temple dédié à l’apiculture et au miel. Là, on retrouve tout le matériel apicole pour professionnels et amateurs, des produits de soin et beauté ou encore des confiseries au miel. Parmi elles, ces gâteaux étonnants, sans gluten, confectionnés d’après une ancienne recette arménienne. Et ils sont vraiment délicieux. Les professionnels peuvent également se fournir en essaims et reines. À la tête de près de 200 ruches implantées en Beaujolais, l’homme vend également le fruit de sa production, et ceux des autres apiculteurs de la région.

Le Progrès Beaujolais Azergues, 23/11/15

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